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Ebola en RDC : le DG d’Africa CDC dément tout paiement direct de chauffeurs et défend « l’approche village »

Par Rédaction | août 20, 2026 | A la une, Actualité, Société
Source : image tierce

Le Directeur Général des Centres africains de contrôle et de prévention des maladies (Africa CDC), Dr Jean KASEYA, a fermement rejeté les accusations selon lesquelles son organisation paierait directement certains agents intervenant dans la riposte contre l’épidémie d’Ebola en République démocratique du Congo.

Invité mercredi dans le Space Live animé par le journaliste Stanis BUJAKERA TSHIAMALA, Jean KASEYA est revenu sur les déclarations du ministre de la Santé, Roger KAMBA, qui avait affirmé la veille que certains agents, notamment des chauffeurs, étaient directement rémunérés par Africa CDC en dehors du dispositif budgétaire piloté par l’État. Selon le ministre, cette situation aurait contribué aux tensions et au mouvement de grève observé sur le terrain.

Le patron d’Africa CDC a catégoriquement démenti ces accusations, estimant que les propos du ministre pouvaient être liés à un défaut d’information. « C’est une déclaration totalement fausse », a réagi Jean KASEYA, tout en estimant que Roger KAMBA avait peut-être été « mal conseillé » et que ses propos ne traduisaient pas nécessairement sa position réelle.

Le responsable d’Africa CDC a rappelé que les agents de santé congolais relèvent de l’État et que leur rémunération incombe au gouvernement. Il a, dans ce contexte, appelé à la cessation des mouvements de grève. Africa CDC reconnaît toutefois avoir joué un rôle dans la mobilisation des partenaires destinés au financement des relais communautaires. Ces derniers bénéficient d’une rémunération de 150 dollars américains par mois, un montant qui, selon Jean KASEYA, avait été fixé à la demande des autorités congolaises.

Concernant spécifiquement les chauffeurs, le directeur général d’Africa CDC a apporté une précision sur le fonctionnement du dispositif logistique. Selon lui, l’organisation ne recrute ni ne rémunère directement les chauffeurs. Elle loue plutôt des véhicules auprès de prestataires privés. Ces contrats couvrent globalement les différentes charges liées au service, y compris les salaires des chauffeurs.

Jean KASEYA a expliqué qu’un nouvel appel d’offres avait été lancé après un audit ayant relevé des coûts jugés excessifs ainsi que des problèmes liés à la qualité des prestations fournies par l’ancien prestataire. Le changement de fournisseur aurait ainsi entraîné l’interruption de certains contrats de chauffeurs, provoquant des tensions sur le terrain.

« Ce n’est pas Africa CDC qui paye les chauffeurs, c’est le prestataire », a insisté Jean KASEYA, tout en reconnaissant que la rupture de certains contrats pouvait naturellement susciter des réactions de la part des personnes concernées.

Au-delà de la controverse sur la rémunération des agents, le patron d’Africa CDC a également présenté les nouvelles orientations de la riposte contre Ebola. Il a notamment évoqué « l’approche village », récemment validée par le chef de l’État. Cette stratégie repose sur une mobilisation accrue des communautés directement dans les zones touchées par l’épidémie.

Pour Jean KASEYA, la lutte contre Ebola ne peut pas être conduite uniquement depuis les capitales et les sièges des organisations internationales. Elle doit être menée au plus près des populations, avec l’implication des communautés locales. L’objectif est ainsi de renforcer la prévention, la surveillance épidémiologique, la sensibilisation et la prise en charge à l’échelle locale.

Cette mise au point intervient alors que l’épidémie demeure particulièrement préoccupante en RDC. Selon le dernier rapport de situation de l’Institut national de santé publique (INSP), arrêté au 18 août, le pays comptait 5 208 cas confirmés d’Ebola et 2 476 décès, soit un taux de létalité de 47,5 %.

L’épidémie affecte six provinces et 56 zones de santé. L’Ituri demeure la province la plus touchée, avec 28 zones de santé affectées sur 36. Elle est suivie du Nord-Kivu avec 12 zones, de la Tshopo avec 7 zones, du Haut-Uélé avec 6 et du Bas-Uélé avec 2. Le Sud-Kivu ne compterait plus qu’une seule zone active, sans nouveau cas enregistré depuis 79 jours.

Le bilan fait également état de 1 115 guérisons et de 730 patients actuellement pris en charge, tandis que le taux de suivi des contacts s’établit à 84 %.

Dans ce contexte, le débat sur les conditions de travail des équipes de riposte intervient alors que les autorités sanitaires et leurs partenaires cherchent à renforcer l’engagement communautaire. Pour Africa CDC, la réussite de cette stratégie dépendra notamment de la capacité à rapprocher la riposte des populations et à maintenir une coordination claire entre le gouvernement, les partenaires internationaux et les acteurs présents sur le terrain.

✍️ K. Jeonissi

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