RDC : Kinshasa affirme que la plupart des zones de présence des FDLR échappent au contrôle des FARDC
Le Gouvernement de la République Démocratique du Congo affirme que la majorité des zones où sont localisés les combattants des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR) ne sont pas sous le contrôle des Forces Armées de la RDC (FARDC), mais de l’AFC/M23 et des forces rwandaises. Cette déclaration a été faite mardi 28 juillet par le ministre de l’Intégration régionale, Floribert ANZULUNI, lors d’un briefing de presse consacré au suivi de l’accord de paix conclu entre la RDC et le Rwanda sous la médiation des États-Unis.
De retour d’une tournée diplomatique en Europe et en Afrique, le Ministre a indiqué avoir présenté aux partenaires internationaux les avancées du processus de démobilisation, de désarmement et de cantonnement des FDLR, conformément aux engagements pris dans le cadre des accords de Washington.
Selon Floribert ANZULUNI, les discussions menées dans le cadre du mécanisme de suivi de ces accords ont permis d’identifier six zones où seraient présents les combattants des FDLR : cinq dans la province du Nord-Kivu et une dans les hauts plateaux du Sud-Kivu.
Le Ministre a toutefois précisé que cinq de ces six zones échappent au contrôle de l’armée congolaise. D’après lui, seule la zone de Walikale reste sous l’autorité des FARDC, ce qui explique le déploiement de troupes gouvernementales dans cette partie du Nord-Kivu en vue d’une éventuelle opération de neutralisation des FDLR.
Pour Kinshasa, cette situation illustre les difficultés auxquelles le gouvernement est confronté dans l’exécution de ses engagements sécuritaires, alors que plusieurs zones concernées demeurent sous le contrôle de groupes armés. Les autorités congolaises réaffirment par ailleurs leur position selon laquelle la question des FDLR est utilisée par Kigali pour justifier sa présence militaire sur le territoire congolais.
Ces déclarations interviennent dans un contexte où la mise en œuvre de l’accord de Washington continue de connaître des difficultés. Cet accord prévoit notamment la neutralisation des FDLR par la RDC et le retrait des forces rwandaises du territoire congolais. Près d’un an après sa signature, les combats se poursuivent dans l’est du pays et les deux parties continuent de s’accuser mutuellement de ne pas respecter leurs engagements.
Les États-Unis, qui assurent la facilitation de cet accord, ont appelé Kinshasa et Kigali à accélérer sa mise en œuvre afin de favoriser un retour durable de la paix dans la région des Grands Lacs. En attendant, les violences persistent dans plusieurs territoires de l’est de la RDC, où les populations civiles continuent de subir les conséquences du conflit et d’une crise humanitaire qui demeure préoccupante.
✍️ K. Jeonissi

