Affaire Rebo Tchulo : le tribunal militaire examine les relevés téléphoniques de la prévenue
Le procès de la chanteuse Déborah MULANGA TSHIMPAKA, connue sous le nom de Rebo TCHULO, s’est poursuivi jeudi 23 juillet 2026 devant le tribunal militaire de garnison de Kinshasa/Ngaliema. Au cœur de l’audience figurait l’examen des relevés téléphoniques de l’artiste, transmis par les opérateurs Airtel, Vodacom et Orange.
Les rapports d’expertise, portant sur les appels entrants et sortants ainsi que sur l’identification des correspondants, ont été présentés au tribunal avant d’être soumis aux observations des différentes parties.
La partie civile a contesté les résultats produits, estimant que les relevés étaient incomplets. Selon elle, les données devaient couvrir la période comprise entre le 17 avril à 22 heures et le 18 avril à 9 heures, alors que les documents versés au dossier ne concernent que les appels enregistrés entre 2 heures et 9 heures le 18 avril. Elle a demandé qu’une nouvelle expertise soit réalisée.
Les représentants de la partie civile ont également mis en cause les informations relatives au numéro de téléphone attribué à la prévenue, affirmant qu’il correspondrait à celui de son avocat, Me Jean-Marie KABENGELA. Ils ont en outre relevé qu’un autre numéro figurant dans le dossier n’avait pas pu être identifié.
En réponse, le tribunal a expliqué que les éléments d’identification de la prévenue provenaient de l’instruction menée par l’auditorat militaire et que les erreurs relevées pourraient résulter des pièces administratives du dossier. Il a également indiqué que le numéro non identifié figurait déjà dans les documents de l’enquête préliminaire.
De leur côté, les avocats de Rebo TCHULO ont dénoncé les propos tenus par la partie civile à l’encontre de leur cliente et estimé que les débats s’éloignaient de l’objet initial de l’expertise ordonnée par le tribunal.
Le recours aux opérateurs de télécommunications avait été décidé à la demande de la partie civile, après que la chanteuse a refusé de révéler l’identité de la personne avec laquelle elle aurait échangé avant l’arrivée des militaires.
Pour rappel, cette affaire est née de la diffusion sur les réseaux sociaux d’une vidéo montrant un homme fouetté par des militaires en présence de l’artiste. Rebo TCHULO est poursuivie pour incitation de militaires à commettre des actes contraires au devoir et à la discipline. Si elle était reconnue coupable, elle encourt une peine pouvant aller jusqu’à 20 ans de servitude pénale.
✍️ K. Jeonissi

